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Pour l'amour d'une vie
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priincess-de-lune
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Message Posté le : 18 amvJeu, 15 Mai 2008 10:56:08 +000056Jeudi 2008----121042. (2008)    Sujet du message : Pour l'amour d'une vie Répondre en citant

Alors voilà une petite nouvelle que j'ai écrite en cours de français. Elle n'est pas très longue, mais je ne voyais pas l'intérêt de la rallonger. 
 
J'aimerais bien avoir vos impressions! 
 
 
     Un soleil paresseux peinait à paraître à l'est. Les premières lueurs de l'aube baignaient la plaine d'une douce couleur jaune-orangée, mais la chaleur rassurante du jour manquait encore pour parfaire l'harmonie du paysage. 
Aux quatre coins de la vallée, des hommes et des femmes se levaient, prenant garde de ne pas réveiller leurs enfants encore endormis. La vie suivait son cours, inlassablement, avec son lot de joie et de peines, comme une rivière tantôt paisible, tantôt en crue. 
L'esprit de Marion, lui, avait déjà débordé depuis longtemps, et on ne comptait plus les dégats. Et ce matin-là ne faisait pas entorse à la règle que le ciel semblait lui avoir fixée, car la jeune fille n'était pas d'humeur confiante et joyeuse.  
Allongée dans l'herbe soyeuse, trempée par la rosée printanière, elle avait attendu le jour toute la nuit, espérant peut-être que la veille ne serait plus qu'un mauvais rêve que les premiers rayons du soleil chasseraient comme l'on chasse les mauvais esprits. 
Mais les rêves sont bien moins difficile à effacer que la réalité, Marion l'avait malheureusement compris.  
Recroquevillé depuis la veille dans une position inconfortable sur le sol humide, son pauvre corps frêle était si ankylosé qu'elle se crut incapable d'effectuer le moindre geste, mais quand l'astre brûlant montra enfin son disque céleste, elle se fit violence pour se redresser. Pendant un instant, elle fut prise de vertiges, mais elle n'en avait cure : tout serait bientôt terminé. 
Le soleil avait dépassé la cime des arbres de la forêt qui bordait la prairie à l'est, à présent. 
Un vent frais soufflait dans la plaine, balançant les herbes hautes. Des milliards de diamants semblaient les orner : le paysage prenait une allure féerique. 
Tout n'était que bonheur et signe de vie. Tout? Non, pas tout... 
D'un pas mal assuré, Marion s'écarta encore un peu du chemin menant au village qu'elle avait quitté la veille au soir. Elle marcha ainsi, pendant plusieurs minutes, sans vraiment savoir où elle allait, le regard perdu au loin, pressant contre son coeur un petit ballot de linge. C'était son unique bien, à présent. 
Le plus précieux de tous. 
Des larmes amères roulèrent sur ses joues rouges, mais Marion les essuya d'un geste rageur : il ne fallait pas qu'elle abandonne, pas si près du but... 
Avec une pensée mélancolique, elle songea à sa mère, l'une des seules à l'avoir soutenue, à l'avoir comprise, et qui sans doute ne survivrait pas à ce qu'elle s'apprêtait à faire. Trop de personnes avaient déjà souffert par sa faute, et d'autres souffriraient encore après son départ... 
Elle n'aurait jamais dû venir au monde, mais le mal était fait, et elle ne pouvait revenir en arrière. 
Elle se sentit alors égoïste, car pour ne pas souffrir elle acceptait de détruire la vie d'autres personnes. Cependant, elle avait trop mal. Mal comme elle n'avait jamais souffert, mal à ne pas pouvoir hurler pour soulager cette douleur. Et ce n'était pas une blessure physique qui la faisait autant souffrir. 
Elle n'en pouvait plus, alors tant pis pour les autres, elle devait aller au bout de sa décision. 
Tout ce qui s'était passé ces derniers mois lui revinrent en mémoire. Son amour pour Loïc, le fils d'un bûcheron que son père haïssait plus que tout. De dix ans son aîné, mais qu'importe, cela ne comptait pas. Et puis leurs rendez-vous en cachettes, dans le bois que l'on apercevait encore au loin, à l'est. Des semaines de bonheur, sans personne pour les déranger. 
Idylle éphémère, car le père de Marion les avait surpris, un jour, voilà six mois de cela. Fou de rage, il n'avait pas put retenir sa colère, ou peut-être ne l'avait-il pas voulu.  
Loïc était parti dans les bras de sa bien-aimée, les larmes du deuil coulant sur son corps mort, embaûmant son âme assassinée. 
Marion demeura inconsolable durant de longs jours, et puis elle sut. 
Elle sut qu'elle devait encore se battre, avant de partir rejoindre l'unique amour de sa vie. Elle aurait voulu qu'il sache, qu'il sache pourquoi elle n'était pas encore venue lui dire "Eh! Je te cherchais!". 
Pendant ces derniers mois, elle se battit pour garder un secret impossible à garder, pour que ce même secret survive à la fureur de son père. Sa mère l'aida, compréhensive, et Marion arriva tant bien que mal à dissimuler ce secret à son père, jusqu'à cette même nuit... 
Elle avait voulu revoir le soleil une dernière fois : c'était fait. 
Maintenant, il ne restait plus qu'une chose à faire. 
Sa main tremblait quand elle sortit de l'intérieur de son gilet de laine un long couteau aiguisé qu'elle avait volé à son père la veille. 
L'arme qui avait ôté la vie de Loïc. La même arme qui avait tué ce secret, que Marion et sa mère avaient porté pendant de si longs mois. 
L'arme qui allait permettre à la jeune fille de rejoindre la personne pour qui elle était restée, après la mort de son bien-aimé. 
Avec un dernier sanglot, elle repensa au dernier reste de son amour impossible, qui s'était envolé pour un monde meilleur la veille, si tôt... 
Alors, elle planta le couteau maudit dans son coeur meurtri par tant d'épreuves, quittant enfin ce monde de haine et d'incompréhension. Elle s'écroula dans l'herbe, pressant pour l'éternité, contre son corps, celui, minuscule, de son nourrisson assassiné cruellement par son propre grand-père avant même d'avoir pu ouvrir les yeux sur le monde.  
Un monde qui n'avait pas de place pour la tolérance. 
Un monde qui avait tué Marion, alors qu'elle avait encore tant de beaux instants à vivre. 
Ce matin-là, elle n'avait pas encore quinze ans. 
 
 
Priincess-de-lune 

_________________
Quand les mots auront le pouvoir de guérir tous les maux, il me suffira de lire dans ton regard pour me sentir mieux.


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Message Posté le : 18 amvJeu, 15 Mai 2008 10:56:08 +000056Jeudi 2008----121042. (2008)    Sujet du message : Publicité

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